ee

 

L’Ombre commence avec une silhouette, on dit « silhouette » parce qu’il y a une différence entre une « silhouette » et un « mannequin », le mannequin reprend fidèlement les proportions du corps à une échelle X, alors que la silhouette est façonnée en exagérant certaines particularités du costume pour pouvoir faire figurer tous les détails du costume final … là c’est un peu compliqué à expliquer en quelques mots … On va donc aller à l’essentiel.

Je vous disais dans un précédent post que certains ateliers, à l’époque ou naquirent les ombres, c’étaient spécialisés dans la création des ombres.

Ces ateliers étaient principalement des ateliers de « Marionnettistes ».

Pour mieux comprendre, à cette époque là, il y avait des « corporations », des tailleurs, des couturières, des lingères, des brodeurs, des tisserands … et les attributions de chacun étaient définies très clairement, un tailleur ne pouvait pas couper une robe pas plus qu’une lingère, la couturière elle était la seule à pouvoir tailler une robe et en assurer les essayages …

Il était donc très difficile pour un costume de passer de l’un à l’autre en toute discrétion … l’inquisition était loin mais l’église était encore toute puissante dans la vie qu’elle soit politique ou civile.

C’est donc tout naturellement que les marionnettistes se mirent à « fabriquer » des ombres, les toutes premières t avaient sûrement des corps faits de bois comme les marionnettes anciennes, par commodité elles furent très vite fabriquées en « chiffon » … plus facile à transporter sûrement, ou encore sous l’influence des Pandores de notre bon Roi Soleil qui les faisait voyager en Europe et bien au delà ! (cocorico ).

 

Lorsque l’on parle de « marionnettistes » il ne faut pas se baser sur nos connaissances contemporaines en la matière .

Cette profession à l’époque était aussi prestigieuse que pouvaient l’être  peintres, portraitistes et autres sculpteurs.

 

Le marionnettiste passait par un apprentissage d’une douzaine d’année alors que pour les autres corporations l’apprentissage se limitait à six ou sept années.

L’apprentissage se faisait un peu comme de nos jours pour le « compagnonnage ».

L’apprenti allait de ville en ville, de « maître » en « maître » pour apprendre auprès de chacun les diverses techniques nécessaires à son art et chose rare pour l’époque son apprentissage pouvait être suivi dans d’autres corporations, il pouvait ainsi s’initier à l’art de la coupe, à la broderie et à toutes les techniques utiles à son art.

 

DD

 

C’est en cela que le travail des Ombres est passionnant, ce n’est pas de la couture, (bien sur la « silhouettes » est cousue), ni de la broderie, ni de la peinture, ni de la bijouterie … c’est un peu de tout cela …

De nos jours on parlerait de « mixed media », n’aimant pas ce terme anglais qui décrit pourtant bien l’idée, je dirai que les Ombres sont parfaites pour les « touche à tout ».

Et c’est ce sujet que j’aborderai dans un prochain post ….

 

Mais avant de terminer, pour celles qui aimeraient trouver de la documentation

 

Aparté : Non non mes petits Shadocks, je ne citerai pas mes sources ! je vous donne juste les indications pour que vous puissiez travailler un peu avant de pomper « bêtement » sans chercher à comprendre !

Nicole … c’est dans la sueur et le travail que l’on apprend, courage !

 

Pour la documentation et tout ce qui touche aux ombres, c’est très difficile de trouver la bonne piste, car il ne faut surtout pas chercher les informations dans la mode, la couture, ou encore le stylisme pas plus que dans l’histoire du costume mais plus dans les documents relatant l’histoire des jouets ou encore celle du théâtre.

La plupart des documents sont en italien mais on trouve quelques documents en français, pour eux il faut orienter les recherches sur Venise et la cité des doges.

Il existe aussi toutes une série de gravures sur le sujet, qui sont souvent reprises dans les musées de la mode, vous ne pouvez pas vous tromper ce sont des gravures allemandes du XVIIIième …

 

A suivre …

Pour celles qui le souhaitent