La Robe à l'Anglaise
Il faut commencer quelque part
Il est commun que sur les sujets historiques, fussent ils de mode, les spécialistes se « disputent »,
que ce soit sur les origines, sur les formes, sur les dates..
Pour cette raison je resterai assez vague et je leur laisserai le soin de s’écharper s’ils le souhaitent pour des détails.
Je m’adresse à des dames qui n’ont pas ou peu de connaissance et qui aimerait peut être « gouter » à ce petit plaisir.
Je situe, je donne quelques exemples et j’essaye d’intéresser si vous souhaitez apporter plus de précisions
les commentaires vous sont ouverts
Pour l’instant on survole pour bien se repérer.
Concernant les photos, il est difficile de faire autrement que d’utiliser celles des musées ou des collections privées car à mon grand regret … je n’ai pas de robe du XVIIIème en stock à la maison.
Alors commençons.
Après une longue réflexion j’ai choisi pour mon projet un modèle de robe à l’anglaise.
Pourquoi ce choix ?
Parce que c’est un modèle qui va évoluer facilement et qui supporte bien des interprétations :
d’une robe à l’anglaise on passe sans mal à la polonaise et on peut même envisager un petit retour
en arrière pour aller vers la robe à la française.
Quelques exemples pour que cela soit plus parlant.(dans l’ordre chronologique de leur apparition)
La robe à la française
Quelques trés beaux exemples en suivant le lien
http://madameguillotine.org.uk/2011/02/28/robes-a-la-francaise-from-the-met-collection/
La robe à la française se caractérise par les plis dans le dos, ces grands plis qui retombent jusqu’au sol.
On nomme souvent ces grands plis des plis Watteau, du nom du peintre qui les fit figurer dans beaucoup de ses tableaux.
Il ne faut pas se tromper, sous l’apparente ampleur des plis ces robes devaient être particulièrement inconfortables et surtout très difficiles à ajuster. Sous les plis du dos un savant laçage permettait de fermer la robe et de l’ajuster.
Sa caractéristique qui vous permettra de la reconnaitre sans mal « les larges plis dans le dos» typique de la robe à la française.
La robe à l’anglaise
http://madameguillotine.org.uk/?s=robe+a+l%27anglaise&submit=Search
Un exemple travaillé qui l’éloigne un peu de sa simplicité d’origine.
Ne manquez pas de zoomer pour voir les détails.
Et si vous regardez dans la même galerie vous verrez quelques autres exemples qui vous aideront à comprendre mon choix : Toujours la même et en même temps très différentes les unes des autres.
Sa caractéristique qui vous permettra de la reconnaitre sans mal « Ouverte sur le devant, et un dos travaillé prolongé en pointe dans les petits plis de la jupe »
La Polonaise
http://madameguillotine.org.uk/2011/03/02/12-out-of-100-dresses/
Se limiter a une seule photographie c’est réduire ce style de robe à peu de chose car la Polonaise à vraiment été source de toutes les fantaisies, plus courte et plus facilement ajustable que les robes qui l’avaient précédées elle fut vraiment très en vogue.
Sa caractéristique qui vous permettra de la reconnaitre sans mal « le derrière retroussé ».
On revient vers la robe à l’anglaise
La robe à l’anglaise est née d’un certain engouement des français pour tout ce qui venait d’Angleterre.
Lorsque je dis robe à l’anglaise je vais parler des toutes premières avant que la forme ait évoluée et que le panier ait été totalement abandonné.
D’après le patron et si il faut vraiment donner une date on dira entre 1770 et 1775. Le fait que le patron soit accompagné d’un petit panier double permet de la situer vers cette époque mais … comme pour beaucoup de robes à l’anglaise ce n’est pas simple d’être plus précis.
Il faut le savoir, c’est avec l’arrivée de la robe à l’anglaise que l’on commence à oublier le panier, passant d’un grand panier à un petit panier pour s’orienter vers les faux cul(c’est un raccourci effrayant que je prends là, j’avais prévenu !)
Ce que j’aime dans la robe à l’anglaise, c’est d’une part son ampleur qui est donnée par beaucoup de petits plis mais surtout le fait qu’elle soit ouverte sur le devant laissant entrevoir la jupe qui tient elle aussi son ampleur de dizaines de petits plis.
Les amoureuses du boutis ou du piqué marseillais ne manqueront pas d’aimer ce modèle pour lequel la jupe est très souvent savamment matelassée.
Mais ce que j’apprécie encore plus que les petits plis c’est les variations que l’on trouve, brodée pour certaines, passementées pour d’autres, alliant les deux pour d’autres, si l’on retrouve toujours le modèle de base à chaque nouvelle robe on est surpris par les détails.
Voici quelques liens pour pouvoir visualiser la richesse de ce modèle.
(Notez que certaines sont portées avec paniers et d’autres sans ce qui peut surprendre dans l’aspect final mais n’oubliez pas ce que nous avons vu pour être certaines qu’il s’agisse bien d’une robe à l’anglaise : le dos en pointe, ouverte sur le devant et les petits plis plongeant dans le dos)
http://lostsplendor.tumblr.com/post/6857824133/evening-dress-c-1760-source-metropolitan
http://ornamentedbeing.tumblr.com/post/6295818427
http://omgthatdress.tumblr.com/post/3053766839/dress-ca-1793-1797-via-the-bath-fashion-museum
http://historicalfashion.tumblr.com/page/72
http://historicalfashion.tumblr.com/page/73
http://historicalfashion.tumblr.com/page/89
http://historicalfashion.tumblr.com/page/98
Et dans un prochain post nous verrons comment se marient les petits fantômes et les robes à l'anglaise !
Note : Pour les dames que le Petit Mannequin et Mannequin d'Atelier interressent vous pouvez dès à présent me faire un petit email et d'ici la fin de la semaine je vous communiquerai en priorité un lien détaillant l'ensemble des cinq projets.
Costumes Anciens ou Historiques
Quand on se penche sur les mannequins d’atelier on ne peut ignorer les costumes historiques puisqu’en principe les mannequins en sont vêtus (a une échelle réduite certes mais ça reste du costume historique)
Dans le texte qui va suivre je m’adresse à des dames qui ne savent pas ce qu’est le costume historique, je vais donc tenter de « dégrossir » le sujet, bien évidement pour des personnes averties ce sujet manquera de détails et de précisions et sera parfois incomplet.
Il faut faire la différence entre
- le costume : le déguisement qui peut ressembler mais ne sera jamais ni historique ni ancien par exemple l’habit de princesse en satin brillant rehaussé de dentelle carton et de bling bling façon diamant parfait pour une petite fille … si vous voyez ce que je veux dire (Nous sommes en plein carnaval)!
- Le costume ancien : un costume qui nous vient d’une autre époque, qui a été fait bien avant votre naissance. Des merveilles à préserver.
- Le costume historique : en général un costume ancien qui a des caractéristiques bien défini le plaçant dans une époque précise, certains costumes anciens sont historiques. Là je vais compléter en disant que certains costumes ancien sont assemblés, puis retravaillés, puis démontés et remontés … de nos jours on ne retravaille plus les vêtements mais a une époque par soucis d’économie domestique c’était chose courante, donc certains costumes anciens sont anciens mais pas historique car ayant des caractéristiques trop « exotiques » pour être placés à une époque précise.
- Le costume d’après un patron historique un costume fabriqué d’après un patron ou un modèle ancien qui reprend toutes les caractéristique de son époque allant jusqu'à rechercher des tissus anciens, c’est une réalisation contemporaine qui a un aspect ancien/historique mais qui n’a rien à voir avec le costume ancien ou le costume historique.
Il arrive souvent que l’on parle costume ancien et costume historique sans faire la nuance entre les deux si elle a lieu d’être faite, et selon moi seul un bon professionnel pourra vraiment faire cette différence et l’expliquer.
Lorsque l’on parle de coudre un costume historique on devrait dire coudre un costume d’après un modèle historique et là préciser l’origine du patronage comme par exemple un Leloir pour une robe à la française ….. Mais c’est un peu pointu pour un début …. Nous y reviendrons.
Nous sommes entre nous, je ne suis pas une professionnel et donc j’emploierai l’un ou l’autre des termes à tord
Et pour vous parler de costumes anciens et historiques j’ai la chance de pouvoir vous présenter quelques photographies prises sur le site de la Villa Rosemaine
Mesdames vous êtes de petites gâtées et je crois qu’une visite sur ce fabuleux site s’imposera …. je sais que ce que vous y verrez fera briller vos petits yeux de brodeuses et de couturières (débutantes ou non)
On ne bave pas sur son écran …..C’est mauvais pour le PC.
Et surtout on partage le lien avec toutes les amies qu’il pourrait intéresser.
(Les jupes en piqué de Marseille/Boutis sont particulièrement belles, sans oublier les coiffes brodées dont les détails de broderie sont à tomber.)
Allez courrez bande de petites curieuses, je sais que vous en mourrez d’envie.
Mais revenez vite car de mon coté je vous ai préparé un petit texte pour vous mettre dans l’ambiance (j’y vais doucement afin de vous préparer psychologiquement à devenir des adeptes du costume ancien et/ou historique et … et surtout de vous donner l’envie de réaliser beaucoup de Petits Fantômes joliment vêtus.)
http://www.villa-rosemaine.com/
Merci à Monsieur Serge Liagre pour cette autorisation.
Vous voilà revenues ?
J’espère que la visite vous a plu !
Le costume historique c’est tout un univers qui commence par le vocabulaire.
Juste à l’énoncé de certaines descriptions d’un costume ancien on est transporté.
Je prends quelques exemples
Beau Corps souple en lampas saumon époque Louis XV
http://www.villa-rosemaine.com/bourse/xviiie
Je cite la description faite :
Très beau corps souple en lampas saumon, cannetillé et broché de l'époque Louis XV. Fleurs au naturel, ruban de dentelle d'une soie finement cannetillée dans les tons de bleu ciel, jaune or, vert, argent, jaune et pourpre….
Corps entièrement doublé de lin glacé écru, ruban de soie …..
Lisez ces mots et dites moi qu’ils vous laissent totalement insensible.
N’avez-vous pas envie de savoir ce qu’est le Lampas ?
Une soie finement cannetillée ?
Et le lin glacé …. Ça ne vous titille pas un peu ?
Ensuite ce qui fascine dans ces costumes ce sont les techniques
Des petits points avant ou arrière, des points simples que n’importe quelques débutantes sait faire mais ces points utilisés dans le cadre d’une technique précise font des merveilles j’en veux pour preuve :
Robe d'élégante provençale en étamine de laine aubergine vers 1835
http://www.villa-rosemaine.com/bourse/xviiie
Montage de la taille à plis canon, plissé smocké aux manches et sur le buste,
Détailsde l’intérieur de la robe, on voit au niveau de la taille le montage des plis canons (l’assemblage au reste du vêtement se fait en général par un surjet sur la tranche des plis) ….. et au niveau de la manche le montage du plissé, noté les deux couleurs de la doublure et les crochets fermant la taille au niveau du dos pour un meilleur ajustement.
Dites moi que vous n’êtes pas curieuse de savoir ce qu’est un pli canon
Et que vous ne seriez pas heureuse de savoir faire un plissé semblable a celui des manches ?
(je vous expliquerai les plis canon qui ne sont ni plus ni moins que des lignes de points avant superposées et alignées, puis froncées …… un peu comme une ruflette dans le haut d’un rideau, ou comme une base pour des smocks)
Mais là ou l’aiguille me démange c’est quand je vois ces petits « Pet en L’air » ou ces magnifique Plis ( Watteau) et que je sais qu’un jour il m’en faudra un pour habiller mes mannequins .
Casaquin en Gros de Tours pékiné et plis Watteau - époque Louis XVI
http://www.villa-rosemaine.com/bourse/xviiie
Le pli Watteau, ce fameux plis que l’on retrouve sur toutes les robes à la française.
Taille cintrée sur le devant et dans le dos toute l’élégance du tombé de ces plis que le peintre Watteau prenait plaisir à peindre (d’où le nom qu’on leur donne)
Sans oublier le plissé à la polonaise sur les manches
Mais là ou l’on a forcement envie de se lancer dans l’étude du costume historique c’est quand on voit l’élégance de ce :
"Pierrot à la hussarde" en taffetas broché - 1780/1790 –
http://www.villa-rosemaine.com/bourse/xviiie
Le Pierrot
Détail de l'encolure et du ruban en faille de soie
Détail du dos
Je vous cite le message de présentation de ce somptueux Pierrot
Avec le retour à la nature prôné par Jean Jacques Rousseau et l'influence de la mode masculine qui nous vient d'Angleterre, la société pré-révolutionnaire modifie sous Louis XVI ses codes vestimentaires. En témoignage, ce "Pierrot ", veste courte ajustée à petite basque, illustre la transition entre la coupe d'une robe à l'anglaise (basques du dos), un taffetas de soie bleu nattier broché or au motif de rivières et bouquets (sûrement plus ancien) et le souffle d'une société en mutation. Ce "Pierrot " était souvent accompagné d'une jupe en gaze de coton brodé. Entièrement doublé de lin glacé, ruban plissé en faille de soie ivoire sur le col (en pointe derrière le cou) et six boutons en acier frappé à chaque poignet !.
Le texte de cette présentation vous donne à lui seul toute la force de ce que peut apporter l’étude du costume, en dehors du régal pour les yeux, il y a la notion d’histoire pour ne pas dire de Politique, il y a également l’aspect artistique mais aussi la partie technique (qui n’est pas la moins intéressante).
Il y a aussi une chose que nous apporte l’étude du costume historique :
Souvent la débutante en couture ou en broderie a peur, de nouvelles techniques, c’est très angoissant de ne pas savoir encore faire, d’autant que souvent la débutante se sous estime.
Je voudrai que vous regardiez de très prés ce corps à baleine (corset)
(Suivez le lien et regardez la galerie vous passerez ainsi plus facilement d’une image à l’autre)
Regardez-le dans son ensemble, et regardez ensuite les détails des photographies présentées.
Vous verrez que tout est fait au point avant, de l’emplacement pour les baleines au montage des biais. Regardez ensuite la photographie ou l’on voit les œillets festonnés fait à la main (pour le passage des lacets)
Est-ce que vous ne trouvez pas cela rassurant, car oui a première vue ce corset est superbe mais quand on le regarde dans les détails on s’aperçoit que ce n’est pas si parfait et que la somme des petites imperfections dans la couture n’est au final plus visible lorsque l’on prend en compte l’ensemble de la pièce.
(C’est valable pour la plupart de costumes)
Le costume historique nous apprend une chose très importante, nous qui sommes souvent totalement omnibulées par les finitions et la perfection à donner a chacun des petits détails de nos ouvrages : en voyant des ouvrages anciens entièrement fait à la main on se rend compte que la perfection ne tient plus dans les détails mais dans l’ensemble et que si les petits points fait à la main sont visibles lorsque l’on a l’œil dessus, ils disparaissent pour donner un ouvrage superbe.
La société moderne nous a habitué aux ouvrages réalisés par des machines dont les mouvements mécaniques sont programmés pour ne jamais dévier et pour avoir une régularité parfaite, aussi lorsque l’on réalise un ouvrage à la main nos imperfections nous semblent encore plus déplacées, lorsque l’on regarde ces costumes anciens on reprend la notion de globalité et l’on oublie les détails..
C’est une leçon importante qui pour les débutantes replace les choses à leur juste valeur, un ouvrage réalisé à la main n’est jamais parfait dans son détail mais toujours magnifique dans son ensemble.
Je vous laisse méditer cette réalité qui devrait vous encourager.
Je vous retrouve dans quelques jours (Il faut que je travaille un peu)
Mannequin d'Atelier : Comment se fait une Initiation
Mesdames que je suis désolée de lire que les petits fantômes vous ont attristé.
Je n’ai pas du savoir vous raconter cette histoire car elle est en fait porteuse d’un bel espoir.
Imaginez le nombre de petites âmes que pourraient abriter nos ateliers et imaginez le nombre de petits fantômes que nous pourrions voir danser le soir !
Les petites grisettes dans leur paradis à n’en pas douter seraient ravies.
Mais n’allons pas trop vite, avant de voir danser les petits fantômes encore faut il leur préparer un nid.
Demi-toile d’une robe à l’anglaise (1780-1785)
En couture, la toile est le prototype d’un modèle exécuté dans une toile de coton, copiée d’une robe à l’anglaise.
(Exposition si Versailles m"était conté - Photo par Julie Ansiau)
Bien évidement je vais proposer un projet en rapport avec ce thème (la question m’a été posée plusieurs fois), mais je ne veux pas seulement proposer un projet, je veux partager avec le plus grand nombre possible l’esprit des mannequins d’atelier.
Comme vous avez pu le comprendre lorsque l’on débute il y a quelques règles et traditions à connaitre.
La première est celle dont je parlais dans mon précédent post, la toile.
De tout temps la toile blanche a été utilisée, parce qu’elle n’est pas chère, parce qu’elle est souple, parce qu’elle est légère, mais surtout parce que l’on peut sans mal y placer des marques et des repères.
Dans un atelier on ne coupe jamais directement dans un tissu sans avoir fait une toile.
La toile est en général un muslin blanc.(je pourrai vous donner des adresses car beaucoup de boutique présente des toile comme du muslin et en fait il ne s’agit que de vulgaire cotonnade)
On le drape sur le mannequin, on l’épingle, on le froisse, on le plisse.
On lui donne la forme.
Lorsque l’on drape ainsi le mannequin dans le muslin, on dit que l’on fait sa toile.
(Le vocabulaire spécifique aux mannequins d’atelier s’apprend sur le tas … un projet et on le maitrise)
Demi-toile d’une robe à la française (vers 1765)
En couture, la toile est le prototype d’un modèle exécuté dans une toile de coton, copiée d’une robe à la française.
(Exposition si Versailles m"était conté)
Le grand intérêt d’utiliser une toile c’est aussi que sur un tissu blanc le problème de raccord ne se pose pas, pas plus que les ajustements sur un motif.
La toile blanche va aussi permettre de faire des essais de couleurs et de repérage pour les éventuelles broderies et passementeries sur les costumes définitifs.
Oups mais certaines ont peut être décroché car pour mieux comprendre il faut savoir comment se passe en général une initiation.
(Je vais donner quelques détails et il y aura un peu de rétention mais c’est pour la bonne cause)
La première chose à faire dans une initiation est de choisir la taille du mannequin puis de le réaliser.
Là en général on apprend ce qu’est un mannequin, long, court, buste, sur pied, sur socle.
On apprend comment mesurer son mannequin pour définir sa taille exacte …
(En exemple pour mon mannequin, j’ai six tailles différentes de patron, pour pouvoir ajuster les patrons au mannequin en fonction des dimensions obtenues après le rembourrage car pour un même mannequin taillé d’après un même patron ont peut avoir des variations de 3 à 5 cm sur un tour de poitrine et de 2 à 5 cm sur un tour de hanches )
Lorsque le mannequin est réalisé on sélectionne le costume.
Dans une initiation c’est presque toujours du costume historique 18ieme.
On découvre un peu l’univers du costume historique ce qu’est un costume historique on voit quelques exemples pour mieux se situer à la fois dans le temps et dans le style.
On réalise ensuite le costume dans de la toile blanche, cela permet à la débutante comme je le disais précédemment de se sentir rassurée, elle va réaliser son premier costume avec le minimum de risque et de stress car ce costume pourra toujours être retravaillé et modifié à moindre cout.
Chaque pièce du costume est expliquée et chaque patron est donné en taille réelle prêt a être travaillé.
Pour un costume 18ieme on a en général, un double panier, un corset, une jupe et un manteau de robe. (Éventuellement il peut y avoir une chemise et un jupon et pour les accessoires, perruque, chapeaux, souliers et châle …… en général lorsque l’on rajoute les accessoires on rajoute également des pièces au mannequin, bras, jambes et tête).
La débutante ayant réalisé sa toile (son premier mannequin et son premier costume en toile blanche) la partie intéressante va commencer.
La première chose sera de se documenter pour rassembler quelques images, texte, tissu, fanfreluches pour réaliser le costume final du mannequin.
De nos jours cette étape de recherche est vraiment très sympathique car nous avons « Google » et sa fantastique machine a piller les bases d’images mais aussi les bases de textes.
A cette étape si « l’initiatrice » est douée les dames découvrent un univers qu’elles n’auraient pu imaginer et approfondissent leur culture générale sans même s’en apercevoir. (C’est souvent ce qui marque le plus les débutantes, le nombre de choses qu’elles peuvent découvrir en peu de temps à tous les niveaux, histoire, arts, géographie, vocabulaire, économie ….)
Il y a aussi une phase d’émulation ou les dames se montrent leur trouvaille et se parlent de leur projet, s’apportant l’une l’autre des idées.
Un petit aparté ; Pour cette partie là je pense ouvrir un groupe /forum « spécialisé » qui pourra accepter toutes les dames vraiment intéressées autant celles qui seront « clientes » du projet proposé que d’autres qui ne le seraient pas mais qui voudraient participer à cette étape de réalisation d’un costume……. Je le précise de suite, les curieuses et les fâcheuses seront refusées sans aucune justification.
Je ne parle pas des adresses en Hotmail et autre Gmail qui sont bannies d’emblées …. Hotmail, Yahoo et autres non fournisseurs d’accès/FAI……).
Les débutantes seront bien sur privilégiées, peu importe leur niveau tant qu’elles ont envies.
Le nombre de personnes sera limité afin que ça ne soit pas une volière et que les documents que je partagerai avec plaisir ne soient pas le lendemain dans trop de messageries (lucide la Jad)
Les dames ayant eu la gentillesse de laisser des commentaires seront bien sur les premières acceptées, car elles ont su m’encourager.
Fin de l’aparté.
La réalisation du costume final dure un peu, non seulement il faut prendre le temps de penser, de voir les détails historiques, mais aussi bien souvent il faut broder les pièces (j’ai de la documentation sur les motifs anciens de l’époque et je la mettrai à disposition).
Il faut également ajuster au mieux le costume et c’est pour cela que la toile ne sera pas inutile, les dames qui le souhaite peuvent alors se faire aider et ajuster voir modifier le costume en fonction de leur documentation ou des variations choisies.
Par exemple d’’une robe manteau 1780 on peut passer très facilement à une robe à la française avec ses plis De même la jupe peut facilement être couverte par un Pet en l’air plutôt que par la robe manteau.
Bref l’univers s’ouvre dans un monde où tout étant déjà créé il suffit juste de piocher pour se faire plaisir.
L’initiation n’est vraiment finie que lorsque l’on apprend à ranger ses costumes dans des boites faites « pour » avec chacune une spécificité suivant l’époque.
Là encore on peut trouver des merveilles qui sont encore peu « connues ».
Bien sur rien n’est plus intéressant que de faire ce genre d’apprentissage en « réel » aussi rien ne vaut la création d’un groupe ou l’initiation en groupe, le cadre d’un club déjà existant et parfait.
En général lors d’exposition de club, si les mannequins d’ateliers sont présents ils font toujours l’admiration et remporte un franc succès, car ils permettent des mises en scène spectaculaire.
Vous savez maintenant en gros en quoi consiste une initiation aux mannequins d’atelier.
Je proposerai prochainement un projet dont un mannequin d’atelier en 50 cm(en fait cinq projets) en rapport avec ce sujet.
Et peut être si je suis assez motivée ferai je une série d’articles sur le costume 18ième et les techniques de broderie et de décoration qui vont avec mais surtout sur la façon de trouver des documents d’époque afin de coller au plus prés de la réalité.
Les Petits Fantômes ...
Dans certains ateliers, lorsque l’hiver est là on peut voir au travers des vitres embuées de petits fantômes danser entre les mannequins.
Drapés de blanc on dit qu’ils murmurent à l’oreille des visiteurs et qu’ils racontent l’histoire.
La grande histoire, celles des élégantes mais aussi celles des cousettes et des grisettes, celles des grands rois et des jolies princesses, mais ont dit surtout que si les petits mannequins nous parlent c’est pour que l’on n’oublie jamais de raconter leur histoire.
Pour celles qui n’ont jamais mis les pieds dans un atelier il est peut être difficile de comprendre ce que veulent dire ces phrases
Pour s’initier aux mannequins d’atelier on ne travaille jamais autrement qu’avec de la toile.
Le mannequin est en toile
Le costume est en toile.
Et le soir venu on recouvre le tout d’une toile.
Dans les ateliers tout n’est que règles et traditions.
Dans les ateliers les règles sont là pour vous rassurer grâce à elles vous saurez toujours par où commencer.
Dans les ateliers les traditions sont là pour vous faire rêver, chacune ramène a un passé plus ou moins lointain.
Dans les ateliers le premier mannequin est en toile, c’est à la fois la règle et la tradition.
C’est la seule règle qui soit une tradition, la seule tradition qui soit une règle.
Et dans un atelier le premier mannequin que l’on fait devient un petit fantôme en hommage a une petite grisette qui au matin entra dans l’atelier pour y allumer le feu et préparer les tables.
Elle avait si froid d’avoir marché si longtemps au travers des champs pour être là à l’aube afin de chauffer la salle pour ses compagnes.
Elle était si petite et si peu vêtue.
On dit que le vent soufflait sous la porte, on dit qu’au loin on voyait les premières lueurs du jour, on dit encore qu’il gelait si fort dehors que la mer aurait bien pu se figer.
On dit tellement de chose dans les ateliers que personne ne sait si tout cela est vrai.
On dit que la grisette releva la tête un instant, a cet instant ou la nuit finie et ou le jour se lève, mais ce que l’on dit surtout, c’est que tous les mannequins de la salle frémirent au même instant et que de chacun d’eux s’échappa une petite âme qui se mit à faire voler les toiles pour venir à la rencontre de la grisette.
Elle eu si peur, si peur qu’en un instant sa petite âme sa toute petite âme s’envola, et alla rejoindre celles des mannequins qui se cachaient déjà.
Le petit corps de la grisette au pied du grand poêle ne bougeait pas, on dit qu’elle avait les yeux ouverts et qu’elle regardait sa petite âme.
Et le vent soufflait toujours, et le froid était toujours là.
On dit que les vitres étaient tellement couvertes de givre que la lumière avait du mal à pénétrer dans l’atelier.
C’est là que la vie quitta définitivement le petit corps gelé.
On dit que la petite âme chercha longtemps un abri dans le blanc des toiles
On dit que la grisette souriait en voyant sa petite âme tenter de se cacher sous les jupes blanches des mannequins.
On dit surtout qu’il n’y avait pas un mannequin de libre pour l’abriter.
La petite grisette était déjà bien loin, elle avait déjà rejoint les autres petites au paradis des grisettes.
Mais la petite âme elle, était toujours là et courrait, courrait partout dans l’atelier sans jamais trouver un mannequin pour s’abriter.
On dit dans les ateliers que toute cette histoire ne peut être vraie.
On dit dans les ateliers que lorsque l’hiver est là on peut voir au travers des vitres embuées de petits fantômes danser, ces petits fantômes drapés de blanc.
Pour que vous ne puissiez jamais oublier cette histoire et que vous pensiez toujours à la petite grisette, à chaque fois que sous vos doigts naitra un mannequin vous en ferez très vite un petit fantôme en lui cousant le plus beau jupon, le plus beau manteau de robe qui soit !
Car ont dit qu’une petite âme cherche son petit fantôme depuis bien trop longtemps.
C’est ainsi que commence le voyage.
Mannequin d’atelier : Généralités
On ne va pas revenir sur le passé …… mais aujourd’hui nous aurions du voir les mannequins de Madame Vionnet …… et …….. ben on va passer à la suite hein !
Et pour continuer dans la sérénité je retire les deux post qui se sont intercalés dans cette série d’articles sur les Mannequins d’atelier ainsi ils seront à suivre les uns sous les autres )
On parle ici d’initiation ….. Parce que pour le moment en France peu de personnes connaissent vraiment les mannequins d’ateliers et qu’il me semble important de commencer par le début.
On a survolé leur histoire …… et il y aurait encore beaucoup à dire (car avant le Gratitude Train … il y avait d’autres mannequins d’ateliers)
On a vu quelques exemples (parmi les meilleurs … Haute couture française oblige. on y reviendra également car il a beaucoup de grands couturiers qui ont travaillés les mannequins d’ateliers.)
On va voir maintenant quelques points importants pour comprendre l’esprit et la démarche que l’on peut avoir lorsque l’on aborde le mannequin d’atelier.
Un mannequin d’atelier est composé d’un mannequin et d’un vêtement.
On distingue trois types de mannequin d’atelier.
Les mannequins d’atelier classique (ce sont ceux de la débutante parce que répondant à des bases précises, facile à étudier et parfaitement cadrées par des textes et des règles)
Pour les distinguer on pourrait dire qu’ils sont en taille 1/3 et qu’ils sont vêtus de costumes historiques, la fantaisie venant des techniques classiques de broderie sur lesquelles on peut dériver sans sortir du cadre des mannequins d’atelier.
Les mannequins d’atelier de créateur (ce sont en général ceux de styliste, ou de débutantes ayant envie de s’initier à la couture ou à l’art textile dans ses bases)
Pour les distinguer on pourrait dire qu’il porte des costumes contemporain ou fantaisistes (dans le sens fantastique, imaginaire), et qu’ils sont en général plus proche du mannequin couture (maitrise de techniques et création mais aussi dans les mensurations …….je ne vais pas plus loin sous peine de fâcher ce groupe ….. pointu et susceptible ….. je les taquine ! )
Les mannequins d’ateliers d’artistes (ce sont en général ceux d’artistes ayant un univers très orienté vers l’art textile et maitrisant déjà la broderie, la couture, l’art plastique …..)
Pour les distinguer on pourrait dire qu’ils sont avant tout des œuvres d’art, avec le coté unique et inusité (original) ils sont assez proches des poupées d’artistes en associant cependant plus de technique que pour la poupée.
Depuis quelques années dans cette catégorie se sont intégrés les Bdj, avec tous les bouleversements qu’elles engendrent dans les classifications …….. (Addict aussi merci ma fille…….. quand j’aurai le temps je vous ferai une bonne dizaine de post sur le sujet car il y a beaucoup à dire et surtout beaucoup à voir.)
Voila donc les trois grandes catégories de mannequins d’ateliers.
La première catégorie nous allons la voir en détails.
La seconde ……de plus en plus inexistante car l’évolution de techniques et des matières en font de plus en plus un groupe a part entière n’ayant plus grand-chose à voir avec les mannequins d’atelier et se rangeant en tant que styliste)
La troisième catégorie demande vraiment des dons d’artistes …… une catégorie très sélective et bien souvent fermée ….. de plus en plus un univers commercial loin de l’esprit initial et là encore bientôt un groupe à part entière.)
Parlons également des catégories avec lesquelles il ne faut pas confondre.
D’une part les miniaturistes, ils sont proches du mannequin d’atelier par le coté historique mais c’est par la taille et les proportions qu’ils ne répondent pas aux critères des mannequins d’atelier, les techniques de réalisation sont très différentes.
D’autre part les créateurs de poupées …. Nous avons déjà abordé le sujet dans un post précédent …. Je rajouterai juste que bien souvent on passe du mannequin à la création de poupées et inversement …. Esprit de curiosités ou besoin d’essayer de nouvelles techniques …. C’est classique et n’enlève rien ni à l’une ni à l’autre des catégories, disons que ce sont des catégories cousines germaines (avec parfois des histoires de familles) (ouf j’ai évité la brouille)
Je sais toutes ces informations sont un peu pénibles et ne vous intéressent pas forcément ….. Mais si je ne les donne pas elles pourraient vous manquer pour la suite ….. Difficile de faire bien sans risquer de faire trop ou pas assez …
Ceci étant dit allons vers du concret
Un mannequin d’atelier ça mesure environ 50 cm et ça peut aller jusqu'à environ 80 cm.
Le mannequin de la débutante sera un mannequin de 50 cm environ.
Il n’aura pas de tête (au début, mais elle viendra avec l’étude des accessoires, perruques, chapeaux, …etc.).
Le mannequin de la débutante sera soit un mannequin « tout fait » on en trouve dans des boutiques spécialisées. (beurk ….. ils sont souvent très « raides » et trop « modernes » dans la silhouette.)
Il sera le plus souvent confectionné par la débutante (c’est imposé dans les clubs spécialisés que j’ai pu fréquenter)
Concernant le mannequin il devra être sexué (seins et hanches pour les mannequins féminin).
Dans la tradition le premier mannequin d’une débutante était un « boudin ».
Un rectangle de tissu cousu sur son grand coté et rembourré de paille.
Car l’idée était de donner la forme du corps à travers l’ajustement des vêtements (corset, corsage, panier, jupon, crinoline)
Epoque barbare ou la pauvre débutante se piquait les doigts sur l’aiguille mais également sur la paille de son mannequin.
Bien heureusement les mentalités ont évoluées et le mannequin de la débutante de nos jours a en général de jolies formes travaillées.
Les tailles ne sont pas prises au hasard, elle représente une échelle de 1/3 ou ½ afin de pouvoir travailler sans mal sur les patrons historiques.
En dessous on va vers la miniature, au dessus on est dans le mannequin couture.
A 1/3 et ½ on peut facilement trouver le matériel à l’échelle, par exemple le baleinage ou tout ce qui est rubans et passementerie, je pense que c’est pour cette raison que ce type d’échelle a été choisie (pour que ce soit plus parlant un miniaturiste travaille en général sur une échelle 1/12)
Il sera vêtu d’un costume historique … traditionnellement on commence par des costumes du 18 ième siècle.
Tout simplement parce que ce type de costume est simple à faire, plus dans le patron que dans la technique, autrement dit un bon patron bien expliqué et même une débutante peut y arriver car a part les plis et le point avant il n’y a pas grand-chose à connaitre il suffit juste de suite les indications accompagnant le patron.
Je le précise, en gros et en gras !
Il ne s’agit pas de couture …… on coud bien sur ….. Mais point avant, point arrière, point de feston ….. Ça ne va jamais plus loin pour les débutantes.
Mains ……. La machine à coudre n’existait pas à l’époque …. Pour les coutures droites bien sur l’utilisation de la machine est autorisée mais n’est pas une obligation tout peut se faire a la main et sans connaissance aucune en dehors des trois points de base, avant, arrière et feston.
Pour le reste on utilise les techniques anciennes, et donc abordables par toutes.
Du fait même de l’ancienneté les costumes historiques s’assemblent à l’aide de méthode simplifiée. ( à l’époque il n’y avait pas tout le matériel que nous avons aujourd’hui) la plupart des assemblages sont fait au point de surjet ….. Donc peut de chance de se tromper …… bref ….. Simplifié on a dit.
Je sais je me répète mais c’est pour bien vous faire comprendre que si ça peut sembler « difficile » c’est en fait « facile » quand je dis « facile » je ne dis pas « rapide », je dis « abordable » même par la moins dégourdie des dames car il n’y a rien à comprendre.
L’aspect final ne tient pas dans la connaissance mais dans le soin apporté à toutes les étapes.
Il reste une grande règle à voir, et c’est souvent celle qui désabuse les débutantes.
La toile !
Ho le vilain mot pour celles qui connaissent.
Ho le grand blanc pour les débutantes ……. C’est ce que nous verront dans un autre post ….
(Tant qu’il y aura une oreille (un œil) pour écouter (pour lire) il y aura une chance d’être entendu ….. ainsi parlait JAD-koustra …….. sa carotte à la bouche …. C’est mieux qu’une cigarette)
(Note : Les petits fantômes arrivent, ….ils ont juste eu un peu peur …. Avec toutes ces vilaines ils préfèrent attendre un peu que Jad ait réécrit ses post)
Mannequin d’Atelier et Seconde Guerre Mondiale ( suite 3)
Toutes les photographies qui illustrent ce post sont celles des collections du MMA
J’ai choisi celles qui me semblaient le plus en rapport avec les post à venir.
Mannequin en tenue 1785.
Dimensions: 83.8 x 63.5 cm environ
Musée du costume de Brooklyn offert par le Syndicat de la Couture de Paris en 1949
Il peut sembler fou de vouloirs associer les mannequins d’atelier et la seconde guerre mondiale.
Pour être tout à fait franche lorsqu’a ma grand-mère m’a parlé du « Gratitude Train » j’ai été tellement étonnée que j’ai pensé que ma « Mémé » n’avait plus toute sa tête et qu’elle mélangeait des choses entre ce qu’elle avait vécu durant la guerre et ce qu’elle avait aimé dans sa vie.
Mais prenons les choses par le début.
Je devais avoir vingt ans et avec ma Grand-mère nous feuilletions les albums de gravures de mode C’est dans un des albums de ma grand-mère que j’ai croisé mon premier mannequin d’atelier.
Sur une photographie en noir et blanc, une photo de mannequin perdue au milieu de gravures de mode cela n’avait rien de surprenant si ce n’est qu’à coté des gravures aquarellées, cela était intriguant, d’autant plus qu’en regardant bien, le petit mannequin d’atelier était entouré de soldats en uniformes.
J’ai demandé a ma grand-mère ce que cette drôle de photographie faisait dans l’album des gravures.
Ma grand-mère me raconta l’histoire du « Gratitude Train » qui avait fait les gros titres de la presse à l’époque de son départ et surtout elle me parla des mannequins que ce drôle de train avait emportés chez nos alliés.
Mannequin en tenue 1832
Marcelle Dormoy
Dimensions: 82.6 x 43.2 cm
Musée du Costume de Brooklyn
Offert par le Syndicat de la Couture de Paris, 1949
A la fin de la seconde guerre mondiale la France était dans une triste situation économique, la population manquait de tout et plus particulièrement de nourriture.
Les américains, nos alliés dans cette vilaine guerre organisèrent une collecte de vivre et de vêtements qu’un train achemina jusqu'en France, ce train s’appelait le « Friendship Train » (train de l’amitié).
Le train circula dans tous les états américains collectant vivres et vêtement à destination de la population française.
Cela se passait en 1947.
(Bien évidement a un moment il dut y avoir un bateau …. mais ….. c’est une autre histoire que je ne connais pas …. le fait est que c’est un train américain qui arriva en France !!!) .
En 1949 la France touchée par le geste de ces américains envoya aux états unis un train que l’on nomma « The Gratitude Train », le train de la gratitude, ou le « Merci Train ».
Dans ce train il y avait autant de boites que d’états américains, et dans chacune des boites des produits français tels que des peintures, des sculptures, des graines de plantes françaises (ou de plants d’arbres), bref beaucoup de choses en rapport avec la culture française et ce qu’elle représentait aux yeux des américains.
Mannequin en tenue 1774
Dimensions: 86.4 x 48.3 cm
Musée du Costume de Brooklyn
Offert par le Syndicat de la Couture de Paris, 1949
Le puissant syndicat parisien de la mode avait glissé dans chacune de ces boites un mannequin d’atelier.
Les mannequins étaient habillés de costumes historiques réalisés chacun par un grand couturier de l’époque (ou un grand nom de la mode car ……. Il me semble qu’il y avait aussi des accessoires, chapeaux … les documents sur le sujet sont peu nombreux et souvent perdus dans d’autres n’ayant pas trait au sujet)
Chacun des états américains reçus ainsi son mannequin d’atelier, habillé par un grand nom, d’un costume représentant une période de l’histoire de France.
(Là j’ouvre une parenthèse, j’ai lu dans un document que ces costumes d’époque relataient des périodes de la vie de Lafayette, mais je n’ai jamais trouvé d’autres sources concordantes …. On sait le rapport de La Fayette avec les états Unis d’Amérique et les liens qu’il tissa entre l’Amérique et la France …..Est ce fondé ou non … c’est assez séduisant comme idée mais ça demande à être vérifié …)
La découverte de ces mannequins grâce à ma grand-mère a été une révélation pour moi et je n’ai plus eu de cesse que d’en savoir davantage.
J’ai commencé à collectionner tout ce qui avait trait à ces mannequins et puis j’ai pu rencontrer un groupe de passionnées qui m’a permis de réaliser mes premiers mannequins d’ateliers tout en m’initiant au plaisir du costume historique.
Je suis addict depuis 30 ans et je crois que je ne me lasserai jamais.
Aujourd’hui je voulais vous faire découvrir les mannequins du «Gratitude Train » mais sachez qu’il existe bien d’autres mannequins d’ateliers dont certains sont encore bien plus beaux. …
Ces photographies vous donneront une idée de ce que peuvent être les mannequins d’ateliers lorsqu’ils sont travaillés par des « maitres ».
Et si vous avez envie de vous y « frotter » ……. Sans la prétention de faire aussi bien que les grands couturiers et juste pour le plaisir d’apprendre des choses dont on ne soupçonne même pas l’existence tant qu’on n’y a pas gouté.
On se retrouve très bientôt.
Note de l’auteur : La Jad ayant eu beaucoup de carottes à grignoter en ce début de carême pour remercier ses fidèles lectrices elle leur parlera très bientôt des petits fantômes d’atelier …..Peut être moins « beaux » mais bien plus proche de nous car on dit qu’ils cachent dans les plis de leur robe les rêves de celles qui les réalisent.
Non, non c’est n’est pas la fin, juste le commencement !
Mannequin d'Atelier (Suite 2)
Nous avons découvert hier ce qu’était un mannequin d’atelier.
Ces mannequins furent très vite l’objet de collections et furent repris par les cours d’Europe jusqu'à « descendre » dans la rue.
Ce sont les colporteurs (qui étaient à l’époque ce que les sites de vente par correspondance sont à la notre) qui en firent grand usage.
Ces colporteurs comprirent l’intérêt des mannequins en les emportant avec eux dans les tournées qu’ils faisaient entre les grandes villes et les villages les plus reculés.
Le colporteur montrait son mannequin vêtu à la dernière mode et sortait un carnet d’échantillons, la cliente choisissait alors l’étoffe avec laquelle serait fait le vêtement identique à celui que portait le mannequin, ou plus communément le colporteur présentait à la modiste ou à la couturière locale son mannequin afin qu’elle s’en inspire pour des créations à venir, le colporteur fournissait ensuite rubans, dentelles.
C’est sous Louis XVI et dans les galeries du Palais Royal que le mannequin d’atelier devint un élément à part entière des boutiques de mode, car c’est sous son règne que la boutique telle que nous la connaissons aujourd’hui (ou presque) fit son apparition. (Dès louis XIV le palais royal fut un lieu d’échange et de commerce mais ce n’est vraiment que sous louis XVI et après que le terme de boutique peut être retenu pour les commerces du palais royal)
Les modistes se tenaient plus précisément dans la galerie des Bois.
Les nobles de la cour ( et très souvent les courtisanes nombreuses dans les galeries du Palais Royal ) s’y fournissaient, et pour présenter les modèles on mettait en scène les mannequins.
La cliente choisissait sur le mannequin la « façon » et sur échantillon les tissus et dentelle, puis attendait chez elle que les petites mains viennent faire les essayages.
On trouve peu de ces mannequins, tout simplement parce qu’ils ont souvent subis les affres du temps, mais et surtout ne l’oublions pas, une révolution qui passant par là détruisit tout ce qui touchait de prés ou de loin a la notion de luxe et de royauté.
Le peu de ceux qui existent encore, particulièrement recherchés par les collectionneurs et jalousement gardés sont bien souvent le fruit de collections privées.
La meilleure façon d’en trouver trace reste alors les « Tableaux » d’époque.
Ci-dessous un tableau très célèbre d’Angelo Von Courten
Bien évidement s je choisi celui-ci pour vous présenter ces mannequins c’est qu’il est à l’origine d’une polémique très amusante entre les passionnées de mannequins d’ateliers et les collectionneuses de Poupées anciennes.
Mais je vous laisse admirer et je tente ensuite de vous expliquer la « polémique ».
Ce tableau fut nommé : Die Puppenmacherin
Les collectionneuses de poupées voient dans ce tableau des poupées.
Les passionnées de mannequin d’atelier y voient des mannequins d’atelier !
Il n’en faut pas plus pour soulever entre elles une polémique.
Certaines vont se demander pourquoi … parce qu’entre poupées et mannequins …… hein …….. ce n’est pas dramatique !
Ouipsssss remarque à ne jamais faire.
Si vous avez des envies de suicide dites à une passionnée de mannequins d’atelier que ses poupées sont belles ……. Et vous ne survivrez pas plus d’une minute.
Il est évident que je suis de parti pris et que pour moi il ne peut s’agir que de mannequins d’atelier.
La poupée existait depuis déjà bien longtemps, en général réservée aux enfants des familles les plus riches, la poupée imitait à la perfection les petites filles.
La poupée a en général un corps d’enfant, l’identité sexuelle de la poupée se fait au travers des traits du visage, plus fin pour les poupées féminines, plus rudes pour les poupées masculines.
La poupée est un jouet, aussi richement parée soit elle, elle ne reprend que des standards d’enfant.
La grande différence avec le Mannequin d’Atelier vient de la « sexualisation » du mannequin, la poitrine, la taille, la rondeur des fesses et des hanches sont marquées sur les mannequins d’atelier.(On ne retrouve ces traits sur les poupées qu’avec la première Barbie …. Poupée Mannequin (on peut se poser la question de savoir si ce terme avait un lien avec les mannequins d’atelier…..)
La façon de vêtir le mannequin est différente de la façon de vêtir la poupée.
La poupée présente une mode enfantine, elle doit s’habiller et se déshabiller facilement car le but dans le jeu est d’encourager la petite fille à faire comme si elle était une maman s’occupant de son enfant (on prépare a travers le jeu la petite fille à devenir une femme)
Le vêtement de poupée reproduit l’aspect du vêtement de la petite fille mais ne reprend pas les détails et n’est pas forcement à l’échelle. Il doit être beau mais pas forcément à l’identique.
Le vêtement couvrant le mannequin d’atelier est un vêtement à l’échelle et pas à n’importe qu’elle échelle.
Il reproduit à l’identique le vêtement qu’il soit féminin ou masculin, chacun des détails du vêtement et présent sur le mannequin d’atelier.
Lorsque je parle des détails, cela va aussi loin que le bouton à l’échelle ou que les dessous modelant le corps, comme le corps à baleine qui est fait au fanon prés.
En résumé : La poupée c’est une chose, le mannequin d’atelier c’est autre chose et nous nous parlerons que de mannequin d’atelier.
Il faut que je sois honnête, le terme mannequin d’atelier n’est pas le terme « originel » à la base ce que je nomme mannequin d’atelier était nommé « Poupée de Mode ».
C’est surement à cause de toutes les confusions que le terme poupée pouvait générer que l’on a décidé de renommer les « poupées de mode » en « mannequin d’atelier » …….
Et si vous vous demandez qui a choisi ce nom « mannequin d’atelier » …… je serai bien en peine pour vous répondre car il y a plusieurs versions sur l’origine de ces termes.
J’ai bien ma petite idée sur le sujet …… mais ….. il ne faut pas trop donner de son à baudet car il finirait par se prendre pour un âne ! (expression très en vogue dans notre club …… qui sous entend seulement qu’en donnant trop d’informations sans laisser le temps pour qu’elles soient « absorbées » on risque de tout mélanger »)
Bien évidement dans un autre post ….. à un autre moment plus opportun je vous donnerai bien plus de détails
Pour aujourd’hui nous allons nous arrêter là, j’espère que vous aurez envie d’en lire davantage, sachez que vos commentaires sont une bonne motivation et je remercie toutes celles qui prennent le temps d’en faire.
Note de l’auteur ; Reprenant l’idée du baudet …. La jad à besoin de sa carotte pour avancer.
Et parce que je vous avais promis des photos ….. En voici une qui annonce ce que sera le prochain post et de quoi il vous parlera.
Mannequin d'Atelier (suite 1)
Avant de commencer !
A l’époque La redoute et les 3 Suisses n’existaient pas, pas plus que les catalogues
ou les magazines et les revues !
On ne s’habillait pas par correspondance, ni même dans des boutiques.
Le train n’existait pas on se déplaçait en « voiture à cheval », les grandes routes étaient peu nombreuses.
Le voyage était une aventure réservée aux nantis.
Il n’y avait pas d’appareil photos …
Non …… internet non plus n’existait pas !
Je sais c’est un choc pour certaines mais avant d’aborder les mannequins d’atelier
il faut se remémorer ces vérités et se replacer dans cette réalité.
C’était il y a bien longtemps, Louis XIV régnait sur la France en souverain, Roi par droit divin, monarque puissant par sa propre volonté et sa faculté à gérer aussi bien l’économie que la diplomatie (au besoin par la force et la guerre),
D’un pays en proie à la fronde, affaiblit par les guerres, il avait en quelques années de règne fait de la France un pays plus grands, plus riche et plus puissants que tous ceux du reste de l’Europe.
Il avait su s’entourer de tous les brillants esprits et c’est dans tous les domaines qu’il s’employait à rayonner comme le soleil auquel il aimait à se comparer.
Lorsque l’on parle de la France à cette époque là, on parle de Versailles.
Versailles était avant tout la vitrine de la France, la noblesse qui l’habitait était l’un des éléments phare de la représentation que Louis XIV voulait donner au monde.
L’étiquette qu’il imposait à sa courre faisait autant état du Paraitre que du devoir et du savoir, elle régissait tout, en mettant en scène tous les aspects de la vie de chacun mais plus particulièrement la vie du Roi.
Le roi lançait les modes et les courtisans de tous poils suivaient.
Là ou certains ne voyaient que dentelles, toiles et soies, le roi lui pensait à remplir les caisses par l’entremise des manufactures qu’il avait fait naitre et des taxes sur les produits issus de ces manufactures.
Il ne faudrait pas croire que cet homme se plaisait à porter des fanfreluches jusqu’au bas de ses pantalons, non, il ajoutait dentelle et falbalas conscient qu’en le faisant il serait suivi par d’autres et qu’ainsi il créerait le besoin, accroissant la demande et par conséquence la production et de là même sa richesse et celle de son pays.
Les broderies ornant la soie des robes et des habits nourriront pendant longtemps les paysans qui les broderont en hiver lorsque les champs sont recouverts de neige.
Les galons et rubans richement passementés qui chargeront les chausses feront vivre des régions entières du simple fait de leur production.
Pour être certain que nul n’ignorera que la cour de France était parmi les plus belles, les plus riches et les plus puissantes le roi n’hésita pas à envoyer des émissaires et des ambassadeurs dans le monde entier.
Ils ne les envoyaient pas les mains vides : traités, cadeaux les accompagnaient.
Dans ces cadeaux fait aux monarques Louis XIV n’hésitait pas à joindre le savoir faire de ses meilleurs artisans et les productions de ses manufactures……
Il faisait un cadeau à un roi ou à un prince et c’est toute la suite de ce roi ou de ce prince qui voulait aussi suivre cette mode venue de France ……
Parce que l’idée n’est pas de vous faire un cours d’histoire mais d’amener l’histoire des mannequins d’ateliers maintenant que le décor est planté …
Ce grand roi envoyait entre autres par le biais de ses ambassadeurs, des Mannequins d’atelier.
Le mannequin d’atelier était ce que certaines () appelleraient des poupées, en réalité ces mannequins souvent en porcelaine, vêtus à la dernière mode, couvert de soie et de dentelles fraichement sorties des manufactures n’avaient rien à voir avec les poupées de l’époque.
Des mannequins à l’échelle 1 pour 3 (comme cela se disait) dont chacun des détails dans le vêtement reprenaient à l’identique ce qui se faisait en matière de mode à la cour de France.
L’arrivée d’un ambassadeur dans une cour étrangère était toujours une nouveauté et les cadeaux qu’il apportait étaient l’occasion d’une présentation faite à tous ceux qui comptaient (riches et puissants).
Les mannequins étaient bien souvent le clou de ces présentations aux cotés des fines porcelaines, et chacun n’avait de cesse que de copier au plus vite la forme et l’apparence des vêtements pour être à « La mode de France ».
Cette copie était voulue c’est le pourquoi de la finesse dans le soin des détails apportés.
Et bien sur pour être à la mode il fallait faire usage de dentelles, soies, et autres fournitures tout droit sorties des manufactures de France.
Le Mannequin d’Atelier à cette époque devint l’équivalent de ce que sont aujourd’hui nos mannequins en chair et en os (plus souvent en os qu’en chair …)
L’histoire de ces mannequins d’atelier ne fait que commencer et nous allons les retrouver tout au long de l’histoire, tantôt dans les chariots des colporteurs, tantôt chez les modistes, tantôt dans les vitrines des premières boutiques mais aussi allant remercier nos sauveurs lors de la grande guerre ……. C’est ce que nous verrons dans de prochains post avec si vous êtes bien sages quelques jolies images.
Mannequins d'Atelier
On commence un jour par des petites croix, on continue un autre par des points plus aboutis et parfois l'on s'égare en chemin au détour d'un feston pour se retrouver plongée dans des livres qui nous parlent de dentelles et de sequins. Certaines poursuivent le chemin d'autres s'attardent et découvrent le secret des "Mannequins d'Atelier".
C'est à un grand roi que nous les devons, c'est à son envie de voir briller la France à travers l'europe que l'idée est née.
Cette idée continue son chemin et si tous les jours nous avons sous les yeux les éclats de ses retombées, peu sont celles qui savent encore de quoi il est question lorsque l'on parle des mannequins d'atelier.
Et vous savez vous de quoi nous parlons ?
Savez vous quand et comment la mode est née ?
Je vous parle d'un temps que les moins de ....
En ce temps là on chantait les cerises,
En ce temps là les femmes portaient toilette
En ce temps là naissaient ces mannequins
Que l'on réalise parfois encore lorsque l'on est passionnée,
On commence en général par le petit panier,
On s'aventure ensuite vers le petit jupon et son plissé taclé,
Avant d'arriver ........ mais s'arrête - t- on un jour lorsqu'on y a gouté ?
Et vous qu'en pensez vous ?
Souhaitez vous que je vous parle de ces Mannequins d'Atelier, trop souvent réservés à un cercle d'initiées ?
Avez vous envie de connaitre les "Petits Fantômes" des débutantes ?
En espèrant qu'ils pourront vous hanter jusqu'aux Tournures et autres Merveilleuses ...
Second Projet du Petit Mystery
Les dames ont pu découvrir le second projet du Petit Mystery de Printemps.
Un Panier Couffin
Qui peut aussi être un Sac Ballon
Panier Couffin, Sac Ballon, c'est un petit Sac Malin.
Il est tellement malin que la doublure se réalise en même temps que le sac pour gagner du temps.
Alors que fleurissent les petits Vanity Ronds, espèrons que ce Sac Malin suivra le même chemin.
Et si vous regrettez de ne pas avoir participé à ce Petit Mystery vous pourrez bien retrouver
ce projet dans la petite Boutique.

































